Stage à Jerusalem

02 février 2008

Introduction

Un aperçu en images...

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Jerash : le forum

 

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Les grottes (Rosh Hanikra)

 

Beauvoir

 

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04 février 2008

Fête du 2 février 2008

Mon départ imminent était l'occasion d'organiser une fête. J'étais personnellement extrêmement content de son déroulement, de l'ambiance : j'espère que c'est un avis largement partagé ! Merci à tous d'avoir été là !

Anne_Laure___Marie___Paul_bisElifsu___Daniel_l_onore___MyriamBianka____KeyhannConf_rence_au_sommetAdrien___Ronan___AuroreLes_physiciens___Josquin__Constantinos__AdamHannah___Ephra_m_2Paul__Marie__Louis__Hannah___Anne_Laure_et_Daniel_dansent

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09 février 2008

Travail bibliographique

Je ne sais toujours pas très précisément à quoi va ressembler mon travail pendant les six mois qui viennent... si ce n'est le cadre général : la formation des galaxies et des structures à grande échelle dans l'univers. Il s'agit donc de comprendre de la manière la plus détaillée possible l'évolution qui a abouti à l'existence des galaxies, des amas de galaxies, des étoiles et des planètes. Le sujet est extrêmement large, allant de l'observation à la caractérisation des structures observées ou simulées, la réalisation de larges simulations retraçant l'évolution des structures... sans oublier le fait qu'il faut comprendre, et non pas seulement reproduire les phénomènes que l'on observe.

Pendant le premier semestre, j'ai effectué sur le sujet un projet bibliographique avec un chercheur de l'Institut d'Astrophysique de Paris, Gary Mamon. Si vous voulez avoir un aperçu de ce qui m'attend peut-être, vous pouvez y jeter un coup d'œil :

Travail sur la formation des galaxies

Même si le but était de ne pas entrer dans les détails techniques du domaine, ce n'est pas un sujet facile : si vous avez des questions, n'hésitez surtout pas !

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11 février 2008

Premier Jour à Jerusalem : Vielle Ville

Ça y est ! Mon premier jour en Israel vient de se terminer.

 

Je suis parti dimanche en début de soirée, et les formalités avant l'enregistrement des bagages furent assez stressantes. Après une queue conséquente, il fallait faire face aux questions d'une jeune femme, assez déstabilisante (peut être surtout de par la manière dont les questions étaient posées). "Vos bagages vous appartiennent-ils ? Quand les avez-vous fait ? Ont ils échappé à votre vigilance entretemps ? Y-avez vous rajouté des choses qui ne vous appartiennent pas ? C'est votre famille qui vous regarde, derrière la barrière ? Ce sont qui pour vous ? Pourquoi allez-vous en Israel ? Avez vous de la famille en Israël ? Êtes vous juif ? Ashkénaze ou séfarade ? Est-ce que vous fréquentez une synagogue ? Laquelle ? Quelles fêtes pratiquez vous ?Mais vous me dites que vous n'êtes pas pratiquant et pourtant vous me citez plusieurs fêtes que vous fêtez... Bon, c'est bon." Autocollants sur les bagages, sur le passeport. Je passe à l'enregistrement. Là, problème : je n'ai pas de billet retour. Mais vous savez qu'il faut absolument un billet retour, sinon vous ne pouvez pas partir ? Poussée d'adrénaline. Allez-voir cette dame, vous verrez avec elle. Alors, vous n'avez pas de billet retour ? Comment ca se fait ? On ne vous l'a pas dit ? Ah non, ne me dites pas que l'Agence Juive vous a dit ca, c'est pas possible ! Où allez vous faire votre stage ? Avez vous contacté quelqu'un ? Bon, allez, vite, allez voir ce monsieur, là-bas, il n'a personne pour l'enregistrement : dites-lui que vous avez un billet retour sur internet." J'y vais, mais on ne me demande plus rien. Juste, comme je dépasse la franchise autorisée en poids, on me donne un papier à présenter à une agence American Express : il faut que j'y aille immédiatement et que je revienne sur-le-champ. Là, ils n'ont plus les petits papiers justifiant le payement : je revient à l'enregistrement sans avoir payé, et je m'en tire finalement sans payer les 7 kilos supplémentaires. Ça avait été un peu le stress à la dernière minute d'ailleurs, quand j'avais vu que j'avais décidément beaucoup trop de poids dans mes bagages. J'avais enlevé pas mal de bouquins, j'en trouverais là-bas. Et le stress continue, ma mère étant partie accompagner Emanuel, un ami de mes parents, qui part aussi pour Tel Aviv avec un autre avion (autre terminal aussi). En fait, je vais aller chez lui en arrivant à Jerusalem, avant de commencer mon stage à proprement parler le 25. Je me résigne finalement à partir sans dire au revoir à ma mère, quand elle arrive in extremis. Il y a toute ma famille, avec Marie.

Mon avion a un peu de retard, ce qui fait qu'Emanuel, qui pensait arriver après moi, est tellement surpris de ne pas me trouver déjà à Tel Aviv qu'il fait passer un message dans l'aéroport. Je ne l'ai pas entendu, étant sans doute encore dans l'avion ou dans les longs couloirs qui m'amènent à la douane puis aux bagages, où je retrouve Emanuel. Pendant le vol, je voulais voir Lawrence d'Arabie, mais la batterie de mon ordinateur n'était pas assez importante pour permettre de regarder un film sans charge (il faut dire que l'écran est un peu grand - c'est fait exprès). Donc je me contente du début, avec de belles vues du désert, la musique, je discute un peu avec mon voisin, qui vient voir sa fille qui vient d'accoucher. A l'arrivée à Tel Aviv, on voir les lumières de la ville, dans la nuit, la ligne droite de la cote. Là, on se rend compte à quel point Israel est un pays minuscule : en approchant de Tel Aviv, on voit vers le sud successivement les villes d'Ashdod, d'Ashkelon, et on aperçoit même les lumières de Gaza.

 

Voyage en Sherut jusqu'à Jerusalem : ce sont des taxis collectifs qui suivent des itinéraires à peu près réguliers, où entrent une dizaine de personnes. Ça donne l'occasion de voir certains quartiers de Jerusalem de nuit, comme on raccompagne les gens près de chez eux. Les batiments de pierre sont assez surprenant ; là où on voit qu'on est dans un pays oriental, c'est qu'il y a des climatiseurs à l'extérieur des immeubles. Les immeubles ne sont jamais très carrés, il y a souvent des balcons couverts, des balcons, des fenêtres dont les grillages avancent au dessus de la rue.

 

Ce qui est surprenant aussi, et je n'imaginait pas cette ville comme ça, c'est le fait que c'est au milieu de montagnes, de collines. Par moment, un pan de roche à nue, des espaces verts, des conifères pointus. La route monte et descend, les maisons sont parfois à flanc de la colline. Après avoir déposé les bagages, on se ballade un peu. Emanuel habite dans le centre ville, on va jusqu'à la vielle ville, complètement vide. Le soleil se lève déjà.

 


Porte de Jaffa : le jour se lève

Après avoir dormi quelques heures, je vais me promener. D'abord, je vais voir le complexe russe et l'église de la Sainte Trinité (église russe orthodoxe, construite en 1860) : on se croirait en Russie. Murs blancs, toits bleu-gris.


L'église de la Sainte Trinité

Pas très loin de là, à coté de l'hôtel de ville (devant lequel toute une place couverte de palmiers), il y a l'hospice Notre Dame de France : très imposant, statue de la Vierge immense, drapeau du Vatican. Ce qui est très bizarre, c'est que beaucoup de bâtiments, même parfois des immeubles d'habitation qui sont loués, appartiennent à tel ou tel pays, à telle ou telle organisation. Là la Russie, ici la France (l'Église catholique française ou la République ? Ce n'est pas très clair...) ; là l'Église arménienne, ici le centre médical Hadassah de Jerusalem, etc...


Notre Dame de France (de Sion)

Puis j'entre dans la Vieille Ville par le porte de Damas, qui mène dans le quartier musulman. il faut savoir que la vieille ville est constituée de quatre quartiers, plus ou moins bien définis géographiquement : un quartier musulman, où les ruelles étroites, parfois couvertes, sont autan  de souks où les marchands hèlent les touristes pour leur vendre toutes sortes de bibelots : des assiettes en faïence, de l'eau bénite, des cierges, des étoiles de David, des mains porte bonheur, des images de Jérusalem, de l'encens, des kefieh de toutes les couleurs, des Pashmina, des robes pour femmes voilées (bien sombres, longues, austères), des soutien-gorges bien gros, des colliers, des sacs, des tee shirts, des boucles d'oreille,... Un vendeur m'a invité à discuter, à prendre le thé, je n'ai pas osé refuser, mais n'ai pas non plus pu partir sans acheter une vue de Jerusalem que je n'aurais jamais acheté autrement.


La Porte de Damas



Dans le souk

Je ne cherche pas à suivre un itinéraire, à "aller voir" tel ou tel lieu. Je vais là où mes pas me portent, du coté de la Via Dolorosa, que j'esquive sans y faire attention pour me retrouver dans des rues couvertes qui mènent au Dome du Rocher : interdit aux non-musulmans. Je finis au Mur des Lamentations : après tout, ce n'est rien qu'un mur.


Le Mur des Lamentations et le Dome du Rocher

Il y a trop de religieux. C'est d'ailleurs assez surprenant, de manière générale, dans toute la Vielle Ville et aux alentours, on voit toutes sortes de tenues caractéristiques. Des loubavitchs avec papillottes et chapeau noir, des tsistits qui dépassent des chemises, leurs femmes, toutes fragiles et menues, qui ne sont presque que des ombres, les cheveux noués, avec une grande robe sombre.

 

Je me fait embarquer par un homme qui veut me faire visiter le quartier juif. Celui-ci a été complètement rebâtit après 1967 : il faut dire qu'il n'en restait pas grand chose, mis à part des ruines, après la période sous contrôle jordanien (depuis 1948). Les rues y sont un peu plus propres, la pierre plus neuve. Mon "guide" me fait visiter des synagogues séfarades, le "Cardo", ancienne rue byzantine et romaine à une dizaine de mètres en dessous des rues actuelles. Il m'emmène sur les toits, d'où la vue est incroyable : en contrebas, le Dome du Rocher, derrière le mont des oliviers, les jardins de Ghetsemane, la cité de David (quartier extérieur à la Vieille Ville, assez ancien), et les tours des différentes églises. Le hic : pour cette petite visite que tout habitant de Jerusalem qui se respecte aurait put me faire faire (et à fortiori Emanuel), il me demande 20 euros ou 100 shekels. Je m'en tire avec 15 euros, mais ça fait un peu cher. Reste cette belle vue sur les toits et le sentiment de s'être fait avoir.

 


Sur les toits

Lorsqu'on se promène, on est souvent amené à rencontrer des militaires en uniforme, avec mitraillette. Ils sont souvent très jeunes, il s'agit sans aucun doute de leur service militaire. Ils discutent, se promènent assez tranquillement, flânent.


 


Vue de Jerusalem (vers l'est)


Ben Yehuda : le centre ville de Jerusalem

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12 février 2008

Mont du Temple, Mont des Oliviers

Le temps est un peu moins favorable aujourd'hui, j'hésite presque à aller au musée. Malgré la pluie, je me dirige vers la vieille ville et je me retrouve dans le quartier chrétien. Des moines sortent d'une bâtisse, des enfants sortent de l'école en uniforme (jupe écossaise pour les filles), des versets des psaumes sont par moment écrits sur les murs.

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Vues du quartier chrétien

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Nom de rue dans la Vieille Ville:
l'hébreu a été rajouté en 1967



Je passe ensuite devant le Mur des Lamentations, avant d'aller au Mont du Temple (Haram Ash-Sharif). Pour ceux qui ne le savent pas, selon la tradition juive, c'est là que serait située  la pierre constituant les fondations du monde, ce serait là qu'Adam aurait été formé, et qu'Abraham aurait failli sacrifier son fils. Voilà pour la légende. Sinon, c'est à cet endroit que se situait le Temple construit par Salomon et qui était un lieu de pèlerinage avant la destruction du second Temple par les romains (66 après J.C., le premier ayant été détruit en 586 avant J.C. par Nabuchodonosor II de Babylone). Les romains y bâtirent ensuite un temple dédié à Zeus, et ce serait là encore que Mahomet aurait rejoint le ciel et Allah. C'est pourquoi le Mont du Temple est le troisième lieu saint de l'Islam après La Mecque et Médine. Les non musulmans n'y ont accès qu'à certaines heures, en dehors des heures de prière. Une grande esplanade plantée de cyprès, très agréable, change de l'agitation des souks de la Vieille Ville. Sur l'esplanade se trouve la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher, avec son dôme doré et ses mosaïques bleues. Le bâtiment a été construit entre 688 et 691 par le calife Ommeyade Abd Al-Malik, peut être un peu pour empêcher les musulmans d'être impressionnés par l'église chrétienne du Saint-Sépulcre. Ce que je ne savais pas, et ce qui explique l'importance du Mur des Lamentations, c'est que les juifs religieux ne pénètrent pas sur le Mont du Temple, "car il s'agit d'un lieu trop sacré".


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Le Dôme du Rocher

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La mosquée Al-Aqsa
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Vue vers le Mont des Oliviers



Le Mont du Temple est situé à l'est de la Vieille Ville, au delà se trouvent les murs et ensuite la Vallée de Jehosaphat (ça me fait penser à Metropolis malgré moi), puis le Mont des Oliviers. Comme selon le livre de Sacharie, c'est là que le Messie commencera à ressusciter les morts, il y a un très vieil et grand cimetière juif sur les pentes du Mont des Oliviers. Un hôtel construit sur une partie de ce cimetière au temps du contrôle jordanien n'est d'ailleurs pas là sans poser problème, mais on ne peut pas dire que ce cimetière est particulièrement bien entretenu. Une succession d'églises m'accompagne tandis que je monte le Mont des Oliviers, comme il s'agit d'un lieu extrêmement important pour les chrétiens aussi. En effet, ce serait là que Jésus aurait été arrêté après avoir été trahi par Judas, et c'est dans une grotte située à flanc de la colline (une chapelle maintenant) qu'il aurait parlé à ses disciples pour la dernière fois. Et puis aussi, il y a la "tombe de Marie", un grand escalier sombre qui s'enfonce sous terre, empli de l'odeur de l'encens, sombre, avec des bougeoirs et des icônes à la mode orthodoxe grecque et arménienne. Je rentre aussi dans l'église "de toutes les nations" (certaines nations en réalité) : les différents pays ayant participé à la construction ont chacun une voute à l'intérieur (construit en 1924). Ca fait bizarre de voir le drapeau bleu-blanc-rouge de la République Français en mosaïque au plafond d'une église !

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Vallée de Jehosaphat et Jerusalem-Est

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Vallée de Jehosaphat

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L'église de toutes les nations

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Voyez le drapeau français !

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Le tombeau de Marie

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Le cimetière juif sur le Mont des oliviers

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L'église du Pater Noster : la même prière dans tout un tas de langues, mais je ne suis pas rentré (me faire payer pour ça !). En plus, avec le zoom de mon appareil photo, on ne voit pas trop mal : à droite, pour Anne-Laure et Virgile (ne regardez pas le contenu) !

Il commence à pleuvoir, la route étroite qui monte dégouline d'eau, ce n'est plus qu'un ruisseau. Néanmoins, la vue sur la Vieille Ville n'est est pas moins belle et impressionnante !

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Vue vers l'est depuis le campus du Mont Scopus : la Cisjordanie et le désert de Judée


Alors que j'étais dans la vallée de Jehosaphat, j'ai pu faire une expérience particulièrement impressionnante : c'était l'heure de la prière et tout autour de moi s'élevait le chant des imams qui appelaient à la prière, depuis la mosquée Al-Aqsa, mais aussi toutes les autres de Jerusale-est.

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13 février 2008

Mahane Yehuda, Mea Shearim, Knesset

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Rue de Jaffa, une des principales artères du centre ville, reservée aux taxis et aux bus.


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Du coté de la rue de Jaffa


Le marché Mahane Yehuda est à la fois différents des marchés que nous connaissons, mais en même temps différents des souks. Epices, Poissons, viandes, bonbons, pains, ... on y trouve surtout à manger, mais aussi quelques juiveries (chales de prière, chandelier, kippas, ...).

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Les vendeurs hèlent les passants


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Épices


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Des gens armés


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Le retour du marché

Je suis ensuite allé dans le quartier des juifs orthodoxes, Mea Shearim. Ce sont surtout des ashkénazes qui y vivent, avec leurs habits noirs sortis du XIXieme siècle, comme s'ils avaient deux siècles de retard (ce qui n'est peut être pas tout à fait faux, même s'ils ont tous des téléphones portables).

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Mea Shearim



Un carrefour de Mea Shearim

Dans l'après midi, j'ai été assister à une session de la Knesset, le parlement israélien. Tout d'abord, j'ai été fouillé et controlé de manière extremement poussée. Ils ont même demandé d'allumer mon appareil photo, de soulever mon pull, il ont ouvert mon portefeuille, m'ont demandé si je n'avais pas d'armes sur moi... il n'était par contre pas possible de prendre un appareil photo avec moi. L'allée menant à la Knesset est grande, avec sur le coté des drapeaux. La salle est presque vide, difficilement plus qu'une dizaine de députés. Beacoup de paperasse à toutes les places, comme laisée momentanément. Les orateurs parlent donc presque dans le vide, pas grand monde les écoute (sur la dizaine de députés, certains sortent accrochés à leur telephone). J'arrive à identifier certains mots : Annapolis, Aza (Gaza), Kassam, Tsahal, Sderot, Abou Mazen (Mahmoud Abbas), Neguev, Ashkelon, Hamas, Mitzraïm (Egypte), Chalom (paix), .... Il s'agit donc des tirs de roquettes Kassam par le Hamas depuis la bande de Gaza sur Sdérot et le Neguev, de la situation après le forcage de la frontière avec l'Egypte et de la conférence d'Annapolis, et sans doute de l'opportunité d'une intrevention terrestre.

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La Knesset

Autrement, j'ai acheté un telephone portable, peut etre un peu cher, mais je suis joignable désormais aussi au numéro :

+972 (0) 5 27 06 14 67

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14 février 2008

Tel Aviv - Jaffa

Après avoir préparé mes affaires, j'ai pris un sherut pour Tel Aviv. Il pleuvait des cordes tandis que nous descendions des montagnes pour rejoindre la cote. Je n'ai pas trop de chance avec le temps, mais comme celui-ci est assez changeant, le mauvais temps laisse rapidement place a des éclaircies. Enfin, ça ne m'a pas empêché d'être trempé l'autre jour, quand je suis allé au mont des oliviers. Je vais loger dans une auberge de jeunesse en plein centre ville, près de la mer, que m'a conseille Emanuel et mon voisin dans le sherut (qui parlait 8 langues dont le français, le serbo-croate et le polonais et qui avait eu l'occasion de faire le tour du monde a 27 ans - il en était revenu boudhiste après une étape au Tibet). Je dépose mon sac, sort mon sac de couchage et vais me promener sur la plage. Les grands immeubles, souvent des hôtels, sont extrêmement proches de la mer. Ça fait une impression bizarre d'avoir la ville juste après la plage - en France, ça arrive aussi, mais avec les grands buildings en verre, c'est assez différent.

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La plage


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Il pluviote un peu, le vent souffle très fort, ce qui me plait bien. Au loin, on apercoit la vieille ville de Jaffa, dont les hauteurs s'enfoncent un peu plus dans la mer. Je me dirige dans cette direction. La plage est parsemée d'abris en bois contre un soleil trop fort - un peu inutile pour le moment, de chaises en plastiques encore rangées. Près de Jaffa, une mosquée est complètement dépassée par un immense hôtel tout en verre et béton qui lui fait de l'ombre.

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Jaffa


Je contourne les murs de Jaffa par le port. Des petites ruelles s'enfoncent en montant vers le centre de Jaffa, sous les arches qui soutiennent les maisons. Le port de Jaffa fut un temps un des principaux ports de Palestine, un enjeu stratégique important qui n'a pas échappe a Saladin, Richard Cœur de Lyon ou Napoléon (peut être vous souvenez vous d'une peinture montrant Napoléon rendant visite a des pestiférés - on pourrait croire a sa grandeur d'âme, mais si la peste est apparue, c'est que la prise de la ville fut l'occasion d'importants massacres).

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Le port de Jaffa

La géographie du port de Jaffa est assez particulière, comme sa protection de la mer est assuree par une bande de terre qui s'enfonce dans la mer parrallelement aux docks. Beaucoup de brisants entourent le port, qui fut un temps assez dangereux a approcher. C'etait d'ailleurs impossible d'y amener de trop gros bateaux. L'une de ces roches aurait ete le lieu ou Andromede aurait ete enchainee avant que Persee vienne la delivrer.

Je continue a marcher un peu plus vers le sud en longeant la cote, jusqu'à un terrain de construction avec une montagne de terre. De la haut, la vue est magnifique, la situation déséquilibrée, le vent étant extrêmement violant.

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Je refais ensuite route vers Tel Aviv - c'est fou de se dire que cette ville n'existait même pas il y a 100 ans ! Il n'y avait alors que des dunes... Il commence a pleuvoir carrément, je suis trempe et me réfugie dans un café.

Je dois retrouver Emanuel dans un des hôtels qui longe la cote, pour une réception a l'occasion de la fete nationale de la République de Serbie. Hymne serbe puis Hatikvah, l'hymne israélien, qui marque par sa douceur, son ton nostalgique. L'ambassadeur de Serbie fait un speech, ou il évoque évidemment l'indépendance prochaine du Kosovo, qu'il voit d'un mauvais œil, puis un représentant de l'État d'Israël rappelle la tolérance envers les juifs du peuple serbe au cours de son histoire, depuis l'arrivée des juifs d'Espagne jusqu'aux partisans de Tito (a l'époque, cette tolérance était assez rare dans la région, avec notamment une Croatie fasciste extrêmement virulente). C'est l'occasion de voir tout plein d'uniformes, de différents pays...

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Je retrouve ensuite le petit fils d'un cousin de mon grand père dans un bar au centre ville. Je ne le connais pas, mais je m'apprête a passer le week-end dans sa famille, a Haifa. Il s'appelle Reumi, ou "Roi" - les israéliens ont la manie des diminutifs, comme "Yoni" pour Jonathan, ce que je n'apprécie guère...

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15 février 2008

Tel Aviv

Promenades dans le centre ville de Tel Aviv, bâtiments Bauhaus et marches ou l'on peu acheter des jus d'oranges, de grenades et de carottes fraichement pressées...

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Reumi, le petit fils de Joseph Goldstein que j'avais vu hier, vient me chercher après ses cours a proximité de la plage, où je venais de passer une heure à admirer le ciel magnifique et le soleil approchant de plus en plus de l'horizon. Arrivé a Haifa, nous mangeons après avoir fait les présentations (pleins de noms a retenir !) et le kiddoush. Ils ne sont pas trop religieux, ne portent pas de kippa, mais font quand même le shabbat et mangent kasher. Il y a énormément a manger, pleins de plats différents. Comme ils n'avaient pas de place chez eux, ils m'ont pris un hôtel. Je ne sais pas encore si c'est à moi de payer, mais vu comment ils me prennent en charge et s'occupent de moi, c'est possible que ce soit aussi eux. Et en effet, quand j'aurais à payer deux nuits après, on me souhaitera une bonne journée en disant que tout a été prépayé.

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Dans la soirée, je vais avec Ori, la fille de Yael Goldstein et Dov Lavi, dans un bar du centre ville de Haifa. Des amis a elle nous y rejoignent. La plupart sont en train de faire leur service militaire, le type assis à cote de moi est médecin militaire a Naplouse. Manifestement, ils soignent autant les palestiniens que les israéliens, il a vu pas mal de choses, notamment des jambes arrachées par des charges explosives placées sur le passage des soldats. Ori, elle, est officier au comandement d'une compagnie (100 hommes, je ne sais pas si c'est le nom).

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16 février 2008

Haifa

Petit déjeuner à l'hôtel : caviar d'aubergine, différents fromages, confiture, céréales, thé... Yael et son mari viennent me chercher pour faire un tour de la ville, avec des vues superbes sur Haifa et la baie de Haifa.On voit de l'extérieur les jardins Ba'hai, un peu kitsch (aigles, pierre blanche, couleurs vives, dorures) mais non moins impressionnants et beaux, parfaitement symétriques.

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Vue sur la baie de Haifa

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Les jardins Bahá'í

Ici encore, une grande bande de terre protégè le port. Des bateaux immenses attendent dans la baie, on peut voir un énorme bâtiment de stockage du blé près des docks.


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Ori nous rejoint et l'on se rend dans des villages druzes. Enfin, il ne faut pas imaginer un village en pierre ce sont des maisons ordinaires, des magasins pour touristes qui vendent de tout et n'importe quoi, pas spécialement druze. Crêpes salées au fromage et aux épices, baklavas, femmes habillées en noir avec un voile qui couvre leur bouche (mais pas leur nez), hommes avec un couvre chef blanc ou de toutes les couleurs.

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Après midi : marche dans Haifa, je descend le Mont Carmel ou est située la ville de Haifa jusqu'au port et au quartier arabe, en passant a cote des jardins Ba'hai (beaucoup d'escaliers !).

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17 février 2008

Akko - Rosh Hanikra - Nazareth

Gideon Goldstein me rejoint a la station de train de Akko (Acre). C'est une ville fortifiée au nord de Haifa, qui fut un temps capitale du royaume latin d'orient avant d'être rasée par les mamelouks puis reconstruite au XVIIIieme siècle. Napoléon en fit le siège avant de se retirer en 1799. Tout petit, petites ruelles, superbe vue sur la baie de Haifa.

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La mosquée d'Akko


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Gideon m'amène ensuite a Rosh Hanikra, a l'extreme nord d'Israel. On voit la frontiere avec le Liban, en haut des collines, tours de radars israéliens, poste frontière uniquement utilise par les voiture des Nations Unies (FINUL). On en voit d'ailleurs de temps en temps, de ces grosses jeeps blanches marquées en noir des deux lettres UN (a Jérusalem notamment, et la, a Rosh Hanikra). Il y a un kibboutz a Rosh Hanikra : champs de bananes et d'olives le long de la route, plus loin des serres. On aperçoit en y allant l'aqueduc romain qui amenait l'eau depuis ici jusqu'à Cesaree (en dessous de Haifa) : comme pour la plupart de ces constructions romaines, on ne peut qu'etre impressionnes. Depuis Rosh Hanikra, on voit la cote jusqu'à Haifa.

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Vue depuis Rosh Hanikra

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Une drôle de bête : si vous savez ce que c'est...

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La frontière avec le Liban, en haut des collines

 

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18 février 2008

Hertzliyya

Nuit a Akko dans une petite auberge. La nuit tombe vite ici, vers six heures moins vingt. A partir de ce moment, les magasins commencent a fermer, et il ne reste dans les rues que des hommes qui restent a discuter, a fumer devant les échoppes. Avec de grands bâtons, les vendeurs enlèvent les vêtements qu'ils avaient suspendu pour la journée au plafond du marche, les vendeurs de poissons lavent a grande eaux leurs étals - Akko n'est pas encore une ville touristique. Le port est utilise essentiellement par des pêcheurs, le souk est destine avant tout aux gens aui habitent ici et non pas aux touristes. Pas beaucoup d'endroits ou dormir dans la presque ile qui constitue la partie ancienne d'Akko, pas non plus d'accès a internet, si ce n'est en utilisant l'ordinateur de la reception de l'auberge. La partie ancienne est restée essentiellement arabe, les immigrants juifs s'étant plutôt installes, au fur et a mesure du XXieme siècle, a l'extérieur des remparts. C'est agréable de se promener dans la ville la nuit, on voit au loin les lumieres  de la ville de Haifa qui scintillent, celles des bateaux immenses amarrés dans la baie, et plus près l'écume blanche des vagues qui frappent contre les ruines des anciennes murailles de la ville forte.

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Les lumières de Haifa au loin (regardez le ciel !)

Réveil assez tôt, pas encore beaucoup d'activité dans la ville. Peu a peu, les vendeurs ouvrent leurs boutiques. On peut trouver des DVDs graves : Sweeney Todd, Elizabeth, Juno, ... Il y a aussi ça dans la Vieille Ville de Jérusalem, les autorités n'ont pas l'air d'être très regardantes. C'est pas évident de trouver de quoi faire un petit déjeuner, je ne me sens pas trop l'envie de prendre un fallafel comme me l'a conseille le gérant de l'auberge, et les vendeurs de jus de fruits (surtout orange et grenade, ça coute pas trop cher et c'est presse sur place) ne sont pas encore arrives. Quand il n'y a pas encore tous les sacs d'épices dans le souk, l'odeur n'est pas spécialement agréable. Ça me fait penser a l'odeur d'un pigeonnier, mais tout de même en moins fort et moins prenant. Il y a aussi l'odeur des poissons, comme c'est une ville de pêche. Toutes sortes de Poissons, des Calamars entiers, des crevettes, des crabes,... pas de coquillages (ce n'est peut être pas non plus Hallal, en tout cas c'est pas Casher). J'achète pour le petit déjeuner un cake au chocolat (après avoir acheté des sortes de crêpes, comme celles que font les druzes, mais sans fromage et pas fraiches, ça n'est pas terrible) et une boisson que je crois être du jus de raisin mais qui est en fait de l'eau avec du sucre et du colorant.


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Après avoir échangé quelques mots avec les américains qui étaient aussi dans la même chambre de l'auberge (35 NIS c'est pas cher, ça fait en gros 7 euros la nuit, enfin, c'est pas partout qu'on trouve ce genre de prix ), je prends le train pour Herzliyya. Bien que j'avais déjà entendu ce nom, je n'avais pas réalisé que cela venait tout simplement de Hertzl (ça parait tellement évident, une fois qu'on le sait !). La sœur de mon grand père (Léa) y habite, et evidemment c'est un passage oblige, qui me permettra de connaitre un peu mieux une partie de ma famille que je ne connais pas beaucoup !

Je dois faire attention, car j'ai un changement de train : je dois essayer d'isoler les noms des lieux prononces au haut parleur du reste que je ne comprends pas... mais ça marche plutôt bien, et je me retrouve a Hertzliyya plus tôt que prévu, en début d'après midi. Lea vient me chercher a la gare et je peux immédiatement manger avec elle et son mari. Dans l'après midi, leur fils Hen me montre ses champs - il est fermier. C'est assez particulier, car les champs côtoient immédiatement les immeubles de la ville d'Herzliyya, qui entourent les différents champs. Tout semble avoir change très rapidement avec la construction de nouvelles habitations, de routes, dans cette partie centrale d'Israël. D'après Hen, il est possible qu'il n'y ait plus du tout de champs ici dans 20 ans. Il fait pousser en ce moment des pommes de terre et il m'explique comment il laisse en jachère une partie de ses champs a intervalles réguliers. On aperçoit aussi des champs de fraises (en février, eh oui !). Il me montre aussi l'abri qu'ils utilisaient durant la guerre du Golfe - Saddam Hussein envoyait des Scuds, et les israéliens craignaient qu'il utilise des armes chimiques, d'où un système d'épuration de l'air et des masques a gaz.

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Yaakov, Hen et Lea

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19 février 2008

Tel Aviv

Lea et son fils Hen m'emmènent ce matin a Tel Aviv. Ils veulent me montrer le quartier de Neve Tsedek. C'est la, au milieu des dunes, juste au nord de Jaffa, que s'installèrent quelques familles juives au début du XXieme siècle. A ces premiers habitants venant de Jaffa se joignirent d'autres personnes, et la ville qui se mettait en place pris le nom de Tel Aviv (colline du printemps). Le nom fait référence a une vision du prophète Ezechiel, qui prédit l'existence d'une grande ville pres d'un fleuve ; de plus, la traduction hébraïque du livre de Theodor Herzl Altneuland par Nahum Sokolov s'intitulait Tell Aviv, comme Tell peut signifier amas de ruines (les couches archéologiques successives forment comme une colline ou se situe la ville moderne) et que le Printemps a toujours été un symbole de renouveau, tourne vers l'avenir. Le quartier de Neve Tsedek est aujourd'hui un quartier assez huppe, avec théâtres, scènes de danse, ateliers d'artistes...

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Nous visitons le musée Nahum Gutman, peintre qui vécu a Tel Aviv et qui connu les débuts de cette ville au milieu des dunes.

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Nous nous promenons ensuite au nord de Tel Aviv, pres de l'ancien de port de la ville. Les hangars ont ete reamenages recemment pour acceuillir des boites de nuit, des cafes, des bars, et une promenade dont les planches sont comme des vagues, montantes et descendantes, longe la mer. Le vent souffle extremement fort, les vagues sont tres hautes et eclaboussent la promenade. Des avions s'appretent a atterrir, juste au dessus de nous, a l'Aeroport de Tel Aviv-Sde Dov, en longeant la cote. Il y a beaucoup d'avions qui survolent les plages de Tel Aviv ! Ceux qui vont aterrir a Sde Dov viennent du Sud en longeant la cote, juste au dessus des batiments, tandis que les gros avions des vols internationnaux viennent de l'Ouest, de la mer, droit sur la ville, en descendant et en survolant les plages. Avis aux amateurs !

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Histoires de famille

Je suis donc en ce moment chez Lea, la sœur de mon grand-père, qui est mort bien avant ma naissance. C'est l'occasion pour me raconter tout plein de choses, sur ma famille, sur leur vie pendant la guerre, leur arrivée en France et en Israël. J'essaye de retranscrire dans ce qui suit certains de ces récits, qui ne sont pas uniquement des souvenirs, comme Lea n'avait que 5 ans pendant la guerre.

Ils habitaient à Belz, un village près de Lvov qui comptait près de 40 000 juifs. C'était un "shtetl" assez important donc (il y a même une chanson yiddish assez triste qui s'intitule "Mein shtetele Belz").

Lorsque les allemands arrivèrent en juillet 1941, il y avait pas mal de rumeurs qui circulaient sur leurs intentions vis-a-vis des Juifs et sur les persécutions dont ils étaient les victimes en Allemagne. Néanmoins, le rabbin du village invita tous les habitants a se rassembler dans la synagogue et leur tint un discours rassurant. Pendant la Première Guerre Mondiale, les allemands s'étaient montrés polis et respectueux, il n'y avait pas de raison qu'il en soit autrement désormais.

Le père de Lea, Schulem, n'aimait pas le rabbin, et comme celui-ci disait qu'il valait mieux rester, il décida de partir (explication sans doute un peu rapide, mais je garde comme elle l'a dit). Comme il était marchand, il connaissait assez bien les environs. Ils partirent donc la nuit pour la zone de la Pologne qui se trouvait occupée par la Russie. Une fois la-bas, avant d'aller voir un oncle qui habitait dans une ville un peu plus loin, ils s'arrêtèrent à une auberge pour la nuit. Il faisait froid ; il y avait Léa, mon grand-père Gerszon, leurs parents Hannah et Schulem, le père de Hannah et son frère Avrum. Comme l'auberge ne prévoyait pas des séjours de seulement une nuit, ils payèrent pour un mois avec l'intention d'aller trouver l'oncle le lendemain. Ce sera la qu'ils passeront toute la guerre. L'oncle n'a en réalité pas les moyens pour les accueillir. Peu a peu, Schulem et Gerszon sympathisent avec l'aubergiste, Jievski, et passent leurs soirées a d'interminables parties d'échecs. Gerszon s'entend bien avec la plupart des jeunes du village, il aime bien danser, est très avenant, et aide Jievski pour s'occuper.

Léa dit avoir vu un journal qu'aurait tenu Gerszon pendant la guerre. Ma grand-mère qui téléphone juste a ce moment dit qu'elle n'a que les photos des anciennes copines de Gerszon, qui était un vrai Don Juan. Quand elle parle en yiddish avec Léa, j'arrive a comprendre presque tout ! En fait, c'est mon père qui a le "journal", écrit en Polonais. Il l'a fait traduire en français d'abord, puis en hébreu pour Léa : il s'agit en fait d'une nouvelle.

Ma grand mère et Gerszon se sont rencontres après la guerre. Ma grand mère a passe la guerre en France, notamment a Lyon. Gerszon transite avec sa famille par la France pour ensuite aller en Israël. En fait, ils ont réussi a quitter la Pologne car Hannah, la mère de Léa et la seconde épouse de Schulem, a de la famille en Argentine : elle avait des certificats l'autorisant a aller en Argentine. Bien que mon grand père ne soit pas son fils biologiquement, elle l'avait inscrit comme telle, de peur qu'il ne puisse pas venir avec eux sinon (d'où peut être le fait que Gerszon ait marque Hannah et non Henie, sa vraie mère, dans les papiers officiels faits en France). Ils devaient rester un mois a Paris, ce qui donne a Léa l'occasion d'aller a l'école. Elle ne parle pas un mot de français et se souvient de l'institutrice regardant la fenêtre et disant "Les oiseaux chantent". Ils rencontrent a la synagogue le père de ma grand-mère qui vient aussi de Belz. Comme ils sont la à ne rien faire et que Gerszon a besoin d'occuper ses mains, il vient faire quelques menues besognes dans leur atelier de fourrure : nettoyer, ranger, et comme il est habile de ses mains, il les aide aussi a coudre. C'est là qu'il rencontre ma grand mère et il reste en France. Par la suite, il y aura des projets d'immigration, un terrain sera même acheté près de la mer en Israël pour y bâtir une maison (près de Herzliyya), mais la maladie le prendra trop rapidement...

Hannah avait avant de se marier avec Schulem un fiancé qui était allé en Israël : il était sioniste. Il l'a attendu dix ans, mais Hannah était l'ainée et devait s'occuper de ses parents, qui ne parlaient ni polonais ni allemand. Elle est donc restée a la maison et s'occupait aussi de Gerszon comme si c'était son propre fils (c'était une cousine éloignée de la mère de Gerszon, morte en 1935, lorsque Gerszon avait 14 ans). Schulem voulait se remarier et demandait l'avis de Gerszon, qui organisa une rencontre avec Hannah. Schulem et Hannah se marièrent un mois après. Hannah a ensuite eu Léa a 40 ans, ce qui était très inhabituel a l'époque. Pour l'accouchement, on l'amena à l'hôpital plutôt que de faire appel à une sage femme à la maison, de peur qu'elle ne meure. L'accouchement s'est heureusement extrêmement bien passe. Léa est née avec des cheveux et Gerszon, qui avait alors 15 ans, la prenait avec lui partout ou il allait.

Tandis qu'ils sont chez Jievski, Schulem va à la ville, voit le ghetto. Ça commence a aller de plus en plus mal pour les juifs. Comme personne ne les connait là ou ils sont, il ne voit pas de raison de se signaler comme on le demande aux juifs. Ils ne portent pas de brassards et Schulem demande à Léa et à sa mère de ne plus se montrer à l'extérieur.

Un jour que Schulem va à la ville pour vendre et acheter diverses choses, on lui dit que ce n'est pas le moment pour faire des affaires, comme on est en train de chercher les juifs. Il se cache dans le cimetière avec Avrum, et de là voit les Juifs se faire frapper, arracher leurs barbes, se faire tuer, etc. Ainsi jusqu'au soir, ou ils rentrent au village. Il dit alors a Jievski de lui construire un "bunker", comme ils sont en train de tuer tous les Juifs. Jievski et sa femme en parlent chacun a leur confesseur. Jievski est un polonais catholique, sa femme est ukrainienne, orthodoxe. Le prêtre orthodoxe dit a la femme de Jievski que ce qui est en train de se passer provient du fait que Jésus a été tue par les juifs ; le prêtre catholique dit a Jievski que Jésus était juif. Il dit n'avoir rien entendu, que c'est tout comme si Jievski ne lui avait rien dit, que c'est à lui de décider. Jievski convainc sa femme de protéger cette famille, qu'il considéré désormais comme sa propre famille, il ne veut pas que ces enfants soient tues. Ils construisent ce "bunker" et disent que toute la famille a fui vers la ville durant la nuit.

En face de la maison de Jievski, il y avait un autre bâtiment qui servait de grange, avec du foin et des vaches. En dessous des planches, de chaque coté de l'allée centrale de la grange, il y avait des compartiments creusés dans le sol qui servaient d'entrepôts, de réfrigérateurs. Deux de ces compartiments furent réunis pour accueillir Lea, sa mère Hannah, le père de Hannah et Avrum. Il n'y avait pas assez de place pour Gerszon et son père qui allèrent chez le frère de Jievski, Stach. Celui-ci avait des chevaux ; les allemands pouvaient les louer. C'est sous le crottin des chevaux que fut installé le "bunker" de Schulem et Gerszon : un endroit ou personne ne pourrait venir les chercher ! Il y avait une famille juive dans le village, avec un garçon de l'age de Gerszon, Ige. Bien que Schulem les ait mis en garde, les parents de Ige s'en allèrent à la ville et n'en revinrent jamais. Schulem empêcha Ige d'y aller a son tour et celui-ci demeura avec Gerszon et son père. C'est en décembre 1942, peu avant Noël,qu'ils s'installèrent dans ces "bunkers".

Une fois par mois, vers 3 heures du matin, Gerszon venait les voir dans leur bunker. Comme les allemands venaient passer la nuit chez Stach, ils y laissaient des journaux. La femme de Stach leur apportait a manger et des journaux a 4 heures du matin. Avec les journaux, ils pouvaient tenir à jour une carte sur laquelle ils indiquaient où en était la guerre. Schulem envoya Gerszon dans l'autre bunker à la nouvelle de la défaite allemande de Stalingrad. Avant, il craignait que les allemands occupent l'ensemble du monde. A Stalingrad, il entrevoyait déjà la fin de la guerre, comparant cette défaite à celle de Napoléon : il envoya donc Gerszon exprès pour apporter la nouvelle.

Schulem avait mis avant de se cacher des dollars et des pièces britanniques en or dans des bouteilles enterrées à des endroits précis, que Gerszon pouvait aller chercher. Ainsi ils pouvaient donner de l'argent à Jievski et Stach.

Ils furent libérés en juillet 1944. Les combats étaient rudes près de Lvov, avec des percées, des retraites. Lea et sa mère ne voulaient pas sortir tant que Schulem ne leur aurait pas dit qu'elles pouvaient le faire. Même lorsque Jievski leur disait que les russes étaient arrivés, elles ne sortirent pas. Cependant, Jievski avait entendu que le capitaine du régiment russe était juif. Il alla lui dire qu'il avait un bunker avec des juifs et que ceux-ci ne voulaient pas sortir. Pouvait-il les convaincre de sortir ? Ce capitaine était le fils d'un rabbin d'Odessa. Lorsqu'il ouvrit la trappe et les vit si misérables, il se mit a pleurer.

Le père de Hannah mourut trois mois avant la libération. Jievski avait très peur de faire sortir le cadavre, qui resta trois jours et trois nuits dans le bunker. Avec son age et l'enfermement, le père de Hannah était devenu fou à la fin de sa vie.

A 4 heures du matin en général, Jievski apportait de la soupe (dans laquelle il mettait tout ce qui lui tombait sous la main) et du pain. Hannah coupait le pain en quatre petits morceaux , en rappelant qu'il fallait le manger lentement. Jievski apportait chaque jour à Lea un œuf et du lait, jusqu'à ce que les allemands prennent les poulets et les vaches. Les derniers 3 mois furent particulièrement difficiles. Ils étaient affamés. Hannah gardait la croute de son propre pain pour la donner à Léa la nuit, comme elle avait alors faim. Le père de Hannah râlait, trouvait que c'était à lui qu'elle aurait du donner ce pain. Léa se réfugiait derrière sa mère et mangeait la croute.

Le capitaine juif leur donna du savon, du sel et des vêtements. Léa se souvient extrêmement bien de Gerszon la lavant alors qu'ils venaient tout juste de sortir du bunker. Son corps était couvert de boutons, il y avait des puces ; elle était malade, avait perdu ses cheveux et se tenait toute courbée. Gerszon la frotta fort, nue sous le soleil, en pleurant. Jievski aussi pleurait en la voyant sortir aussi changée, elle qui était une jolie petite fille avant d'aller dans le bunker.

Dix jours plus tard, l'Armée Rouge arriva et ils emmenèrent Gerszon et Avrum de force.

En sortant, ils étaient très malades. Hannah vomissait et Schulem était complètement courbe. Un médecin russe juif dit a Hannah de ne boire que du lait et de l'eau, pour ensuite y adjoindre du kasha.

Avec les dollars cachés dans les bouteilles, Schulem rapporta de la ville un cochon et des poulets. Jievski était malade, il ne pouvait plus faire pipi. Sa femme mourut 2, 3 mois après la Libération. Peut-être a cause des cadavres dans la rivière, que Schulem avait vus. Il leur avait dit de ne pas boire cette eau. Ils restèrent neuf mois la bas. Jievski mourut et Schulem lui fit une tombe. Sa fille Stevska demeura avec eux.

Les villageois en voulaient à Stach d'avoir caché des juifs. Schulem lui donna de l'argent pour que lui aussi quitte le village, où il pouvait être tué, et ils partirent ensemble pour Slotchev. Ils durent attendre le train un mois ! A Bitum, Stach alla dans sa famille, ainsi que Stevska, et après la guerre, Gerszon allait tous les ans les voir en Pologne, avec une valise pleine de tout un tas de choses.

Lea et ses parents restèrent à Schesia, près de Bitum, à un endroit appelle Gleiwitz. Schulem ne savait pas ce qui était arrivé à Gerszon et à Avrum : il parcourut toute la Pologne à leur recherche, collant des affiches leur indiquant où ils habitaient et interrogeant les communautés juives. Avrum arriva en 1945, des mois après la fin de la guerre, où il s'était occupé des chevaux dans l'artillerie. Gerszon ne vint qu'en 1946 : durant la guerre, il avait été blessé aux genoux par une balle et avait dû rester à l'hôpital. Par la suite, il fut envoyé comme gardien de mines dans l'Oural. Une infirmière juive l'aidait en douce en lui donnant ce qu'elle pouvait : il faisait très froid et il n'y avait pas grand chose à manger. Il put revenir en Pologne quand ce pays demanda à l'URSS le retour des polonais qui y résidaient.

Hannah avait de la famille en Argentine et put obtenir des certificats pour y aller. Ils quittèrent la Pologne pour Paris en 1948 et arrivèrent ensuite en Israël (sauf Gerszon). Si je me souviens bien, Schulem avait un petit frère, Iré, qui était parti en Israël avant la guerre. Schulem l'avait laissé à Herzliyya, avant de repartir en Pologne pour rejoindre sa première femme qui était malade. C'est là qu'ils allèrent et ils purent retrouver ce petit frère. Ils achetèrent des terrains et Léa y habite toujours.

En 1944-45, Léa avait 7 ans, mais pourtant elle se souvient bien qu'un jour, après être sortie du bunker, son père l'amena dans la foret. Il y avait 2 ou 3 autres juifs et ils récitèrent le Kaddish dans une cérémonie de Hashara (du souvenir) devant un endroit où la Terre avait été remuée. Des cheveux et des lambeaux de vêtements étaient encore accrochés aux branches de cet endroit ou des juifs avaient été amenés et abattus. Schulem avait entendu le massacre depuis le bunker près de la maison de Stach, qui se trouvait de l'autre coté du village que celle de Jievski. Les pleurs et les cris en yiddish, les mitraillettes. Comme Lea n'avait pas pleuré une seule fois dans le bunker, qu'elle avait compris qu'il en allait de leur vie (Hannah lui racontait des histoires pour prévenir les pleurs), Schulem avait estimé qu'il pouvait l'emmener à la Hashara.

Il faut raconter un autre évènement. Alors que cela faisait déjà 2 ou 3 mois qu'ils étaient dans le bunker, un gentil du village dit qu'il n'avait pas vu cette famille en ville. Jievski répondit qu'il n'en savait rien mais qu'elle était partie. L'on fit venir des allemands qui menacèrent Jievski de le tuer. Ceux-ci revinrent ensuite avec des chiens : Hannah boucha le conduit d'aération avec des vêtements, ce qui suffit pour ne pas éveiller les soupçons des chiens. Sans air, ils purent tout de même entendre Jievski dire qu'il était un vieil homme et qu'ils pouvaient le tuer s'ils le voulaient. Il fit le signe de croix et les allemands lui tirèrent entre les jambes. Apres la guerre, des villageois vinrent dirent à Hannah qu'ils savaient qu'ils s'étaient cachés mais qu'ils n'avaient rien dit. Elle se tut.

Un arbre au mémorial de Yad Vashem a été planté pour se souvenir des Justes de ce village de Pologne. Je vais essayer de le trouver, bien que le nom que m'a donné Léa est assez flou : Iagudsa ? Jagocia ?





* * * * * *

Quelques modifications


Ma grand-mère a tenu a faire quelques corrections et ajouts :

- Schulem, plutôt que marchand, avait un moulin et achetait le blé aux paysans ;

- Ce serait Schulem et non Hannah qui aurait eu de la famille en Argentine ;

- Il est impossible que Schulem et Gerszon aient rencontré la famille de ma grand-mère à la synagogue, car ils n'y allaient pas : beaucoup de juifs ne voulaient plus entendre parler de religion après la guerre. Schulem est venu dans la famille de ma grand mère car ils étaient avant tout du même village. Peut être s'étaient-ils rencontrés rue des Rosiers.

- Gerszon est venu chez les Steinberg (la famille de ma grand mère) après avoir appris le métier chez le fourreur Halpern , rue du Fbg. Poissonnière (et non juste pour s'occuper).  Par la suite, c'est le coup de foudre pour Gerszon et ma grand-mère.

- Gerszon avait des projets d'immigration qui n'étaient pas partagés par ma grand-mère. Le terrain en Israël a été acheté pour investir leur argent : le terrain n'était pas constructible et il a fallu le vendre avec perte, ce qui a rongé Gerszon ; le terrain a été vendu après sa mort.

- L'histoire de Hannah qui avait un fiancé en Israël avant de se marier serait en fait l'histoire de la soeur de Schulem, Tcharné, très belle : elle avait un fiancé sioniste qui est allé en Israël en la laissant en Pologne par ce qu'elle devait s'occuper de sa mère... Elle est allée bien plus tard en Israël et s'est mariée avec quelqu'un d'autre, Max. Elle était sans enfants.

- Schulem a demandé son avis à sa sœur Tsarné - elle était en classe avec la mère de ma grand-mère-, c'est elle qui a organisé la rencontre avec Hannah, mais Schulem a demandé l'avis a Gerszon. Gerszon est resté longtemps seul avec son père était content que Hannah vienne pour reprendre le ménage en main.

- Selon ma grand mère, Gerszon n'est jamais retourné en Pologne (donc n'a pas revu la famille de Jievski).

- Le frère de Schulem ne les aurait pas reconnu ni accueilli comme Schulem l'aurait souhaité.





 

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20 février 2008

Apollonia

Lea m'emmène visiter ce matin les vestiges d'une ville au bord de la mer, en haut des falaises : Apollonia. Les premiers à s'installer à cet endroit furent les phéniciens au 6ieme siècle avant J.C. Une ville se développa ensuite durant l'époque hellénistique puis romaine, connue sous le nom d'Apollonia (dieu identifié au dieu phénicien Reshef, ancien nom de la ville phénicienne),  produisant de la teinture violette à partir de mollusques marins. A l'époque byzantine, la ville est appelée Suzusse et pendant la période islamique, Arsouf. Celle-ci est conquise par les croisés en 1101 après J.C., puis de nouveau par les musulmans. La ville est ensuite rasée par les mamelouks, afin d'éviter la réinstallation des croisés en Palestine.


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La forteresse

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L'après-midi viennent Yehudit et une de ses petites filles, Renat (je crois). Je suis un peu perdu quand ils parlent en hébreu, un peu moins quand ils glissent vers le yiddish.

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Renat, Yehudit, Lea, Yaakov

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21 février 2008

l'Université Hebraique

Retour a Jerusalem, première visite à l'Université Hebraique. Voici une idée du périple des derniers jours :

 

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Après m'être inscrit pour un voyage en Jordanie pour le lendemain, je me rends à l'université hébraique. Pas très loin du centre ville, le campus principal (Givat Ram) est au sommet d'une colline. C'est immense et très agréable, avec des pelouses où des étudiants sont assis et discutent, des espaces boisés, des conifères. Des passerelles en bois surplombent légèrement une nature laissée telle quelle, au-dessus des pierres et des herbes, s'enfonçant au milieu des arbres, pour ensuite revenir aux bâtiments de l'université. Ceux-ci sont assez bas, espacés les uns des autres ; ils portent souvent le nom d'un mécène, d'une famille, d'un organisme qui a payé pour leur construction.

 

Le bâtiment du Racah Institute of Physics s'appelle Kaplun - sans doute un mécène. On y est incrit par la citation d'Einstein "The most beautiful thing we can experience is the mysterious. It is the source of all true art and all science." avec des images de galaxies. Plutôt engageant...

Je rencontre la secrétaire d'Avishai Dekel : on m'a attribué une chambre sur le campus même ! Il y avait la possibilité que ce soit sur un autre campus, celui du Mont Scopus, ce qui aurait été un peu moins pratique. Je vois Avishai Dekel, il me parle des écoulement de gaz froids au sein des galaxies en formation : c'est le sujet sur lequel ils travaillent en ce moment et sur lequel je vais sans doute travailler. Au début, je vais surtout devoir apprendre à me servir de différents codes informatiques. Je commencerais ça lundi...

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24 février 2008

Jordanie

Je me suis donc inscrit jeudi pour un voyage en Jordanie du 22 au 24 février. Ça n'était pas donné, mais je ne me voyais pas y partir tout seul, sans y avoir jamais mis les pieds. Je voyage avec un couple venant du Costa Rica - ils sont en Israël pour trois mois pour une sorte de stage à l'hôpital Hadassah de Jérusalem -, et durant les deux premiers jours avec une mexicaine et ses deux enfants (elle aussi en Israël pour pratiquer la médecine : il semble que la réputation d'Israël dans ce domaine soit très bonne). Je me suis plutôt très bien entendu avec les deux costa ricains, on pense même à aller se ballader ensemble en Israël.

Itinéraire
Premier jour : Passage de la frontière au Sheik Hussein Bridge, Visite de Jerash, nuit à Petra
Deuxième jour : Visite de Petra, nuit à Amman (ça en fait de la route !)
Troisième jour : Tour d'Amman, Madaba : la mosaïque représentant la Terre Sainte, Mont Nebo, retour par Allenby Bridge

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Le bus fait un détour par Tel Aviv pour ensuite traverser la Galilée et arrivée au poste frontière près de Beit She'an : Jordan River border Crossing. On traverse les champs verts de la Galilée, très grands, on passe devant un certain nombre de villages arabes, dont les maisons sont construites à même les pentes des collines. De riches maisons avec des crénaux (terrasse sur le toit) et des colonnes sont en train d'y être construites. Plaines de Megiddo, où devrait se dérouler la dernière grande bataille de l'Histoire avant l'Apocalypse (en hébreu Har Megiddo, ou Armagedon). Char Merkava sur une remorque dans une station service, énormes systèmes d'irrigation dont les tuyaux traversent les champs, de plus en plus de collines vers l'est.


On doit attendre un certain temps à la frontière, le temps d'accorder le droit de sortie à un groupe de druzes : trois hommes, une femme. Deux des hommes portent d'épaisses moustaches, l'un avec un chapeau blanc (type tarbouch ottoman), l'autre une sorte de kippa multicolore sur fond blanc. Femme habillée de noir, voile blanc jusqu'au nez. On prend le bus pour traverser le pont et parvenir au coté jordanien. De nouveaux, quelques controles, quelqu'un nous attend pour poursuivre notre route vers Jerash. Le chemin est l'occasion pour moi de faire un cours sur l'histoire du Proche Orient au couple de costa ricains, assez novices en la matière. Le guide acquiesce et ajoute qu'ici, on croit que les arabes de Palestine reprendront leurs terres ancestrales lors d'une bataille avec des épées et des sabres, juste avant l'apocalypse. Il s'agit sans doute d'un mélange des récits de l'Apocalypse (Megiddo) et de désirs reportés à une échéance finale. Ça fait quand même un peu froid dans le dos, dans la mesure où le but à terme sous jacent est d'évincer les non arabes de Palestine (les passer par le sabre). Bon, ce n'est certes pas tout à fait nouveau, mais le chauffeur (car comme guide, je pourrais faire mieux) a l'air de dire que tout le monde pense ainsi ici.


De l'autre coté de la frontière, les plaines qui longent le Jourdain. Ici, pas d'agriculture intensive. D'un coté à l'autre du Jourdain, on passe des champs verts et irrigués aux terrains pleins de cailloux et de détritus, où errent des chèvres et campent des bédouins. Le keffieh rouge et blanc est de mise.


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On fait route vers Jerash , ville hellenistique et romaine avant l'époque byzantine. Pendant les premières romaines, cette ville fait partie de la "Decapole", une association de dix cités libres (dont aussi Philadelphie, l'actuelle Amman). Après la conquète romaine par Trajan, la ville s'enrichit (routes commerciales, plaines fertiles), puis c'est le déclin : au VIieme siècle, les byzantins détruisent une partie des temples pour y construire des églises, au VIIieme siècle, les perses pillent la ville, suivis par les arabes et des tremblements de terre.

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Arc de Triomphe d'Hadrien, construit après la visite de l'empereur

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Le stade

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Le forum (ovale)

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Le théatre


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Un ancien accès au théatre


Buffet ensuite avant de partir : c'est à nous de payer. Pleins de salades, de mezze : hoummous, aubergines, concombres, tomates, taboulé, puis poulet roti, un plat typique : riz avec des légumes et de la viande, le tout cuit avec le riz au dessus du reste puis présenté dans l'autre sens. Route ensuite vers Petra, par la route du désert : il fait déjà nuit, on appercoit juste à un moment les lumières d'une mine de phosphates (une des industries de la Jordanie). Hotel assez chic... je me fait reveiller à 5h15 du matin par l'appel à la prière, immanquable.


Visite de Petra : les images parlent d'elles memes. Couleurs incroyables, mélanges de teinte, jeux de lumière entre l'obscurité du canyon et les facades éblouissantes des tombes, rides dans les pierres, érosion qui forme des cavités, portes taillées dans le roc, bédouins vivant dans certaines grottes avec leurs chameaux et leurs anes, vendant toutes sortes de choses : cartes postales pour les enfants, randonnée à dos de chameau ou d'ane, de cheval arabe, pierres, colliers,... On arrive tôt, avant la floppée de touristes, le soleil est haut dans le ciel, le ciel est bleu profond.


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Système de canalisation pour l'eau : les nabatéens, qui ont fait de ce site un lieu sacré ou ils enterraient leurs morts, un entrepot regorgeant de richesses, avaient des systèmes extremement complexes pour maitriser l'approvisionnement en eau. Ainsi, des barrages assèchent le canyon qui sert de voie d'accès à la vallée de Petra, entourée de montagnes, et l'eau de tout autour est deviée vers le centre de la vallée. Des systèmes permettent d'enlever le sable qui s'accumule dans l'eau, en le faisant se déposer au fond de petits réservoirs. La société nabatéene était semble-t-il une société égalitaire, sans esclaves. Après avoir longtemps résisté aux romains, ils finissent par tomber : les romains tentent de les asphyxier économiquement.


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Le "trésor" : tout en haut de l'entrée de ce tombeau nabatéen (on peut remarquer les influences grecques et romaines, ainsi que perses, egyptiennes) se trouve une jarre de pierre en partie détruite par des impacts de balles. Les bédouins pensaient en effet qu'elle contenait de l'or d'un pharaon et tentaient de la percer...


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Dans l'après-midi, vers Amman par la route du desert : pierres sabloneuses. Le lendemain, on va voir la citadelle qui domine toute la ville du haut de l'acropole. Petites maisons couleur sable à perte de vue, grands batiments nouvellement construits, toujours les portraits du roi Abdallah et de son père Hussein, le plus grand drapeau du monde (il faut vraiment le vouloir pour tenir à ce point à en faire le plus grand du monde).

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Hussein et Abdallah, ici à Petra. On les voit dans différents habits, en keffieh rouge et blanc ou juste blanc, en militaires. Aussi : Abdallah avec sa femme et ses trois enfants (ou quatre ?) - sa femme palestinienne qui ne porte pas le voile.


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Mosquée construite en l'honneur du roi Hussein

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Du haut de la citadelle

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Les ruines de la citadelle : mosquée, palais omeyyade et temple d'Hercule

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Copie de la stèle de Mesha (original au Louvre) : datée d'environ 850 avant J.C, elle évoque les relations entre les Moabites (habitant alors l'actuelle Jordanie) et les Israélites. La stèle est trouvée en 1868 par un alsacien, qui doit trouver de l'argent à Jerusalem avant de revenir l'acheter. Entretemps, les bedouins, voyant l'interet des francais pour cette stèle, s'imaginent qu'elle renferme un fabuleux trésor. Ils chauffent la pierre à blanc, l'arrosent d'eau froide pour la faire éclater : heureusement, l'alsacien a eu la bonne idée de faire des calques. (C'est la deuxième fois, les pierres, les bédouins : quels boulets !)





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Madaba : la carte de la Terre Sainte

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Madaba est connue pour ses mosaïques, ici une imitation de mosaïque

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Que de kitsh !

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Vues depuis le Mont Nebo : c'est là que Moïse aurait pu voir la Terre Promise avant de mourir. Malheureusement, le jour est brumeux... vue limitée donc.

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Campement de bédouins, dans le nord de la Jordanie. On trouve dans ce coin aussi de très riches maisons, avec pleins de terrasses, d'étages, souvent appartenant à des palestiniens (désormais jordaniens). D'après le guide, les palestiniens sont plus travailleurs. On en trouve pas mal dans la haute fonction publique, parmi les plus grandes fortunes de Jordanie.

L'arrivée à Madaba est l'occasion d'entamer une conversation avec notre "guide" sur le voile : il y a vraiment énormément de femmes voilées, parfois seuls les yeux sont visibles derrière le tissus noir. D'après lui, c'est écrit dans le Coran : les femmes doivent se voiler. Notamment, si la femme est extrêmement belle, cela devient nécessaire, car sinon, les hommes voudraient tous la posséder (dans tous les sens du terme). Avec ce discours, qu'on ne vienne pas me dire que le voile est un symbole de pureté, de chasteté, etc : il n'est que l'expression d'une certaine conception des rapports entre hommes et femmes, où le désir bestial prime avant tout - excusez-moi du mot (mais si un homme ne peut se contenir en voyant une belle femme, je ne vois pas ce qu'on peut dire d'autre).


Le guide fait remarquer avec attention et sensibilité que l'été, il fait une chaleur terrible sous un voile noir. Mais il faut le supporter, car les flammes de l'enfer seraient bien plus difficiles à supporter, pendant l'éternité. Comme la vie terrestre n'est qu'une infime partie de la vie de l'esprit, on peut la mettre en exergue et justifier une vie de souffrance, l'idéal étant bien sûr de passer cette vie à prier. Pesant, comme philosophie.


Toujours d'après le guide : le Coran autorise aux hommes d'avoir plusieurs femmes, mais beaucoup d'interprétations insistent, dit-il, sur la nécessité de traiter toutes ces femmes également, ce qui justifie le fait de s'arrêter qu'à une seule (car après ça devient plus dur de les traiter également). Mais si un homme est très puissant, il peut avoir plusieurs femmes, plutôt que de faire des choses immorales. Son frère a eut plusieurs femmes, 6 en tout (mais l'une après l'autre), ce qui lui fait 24 enfants et 45 petits enfants (il a presque l'air envieux).


Échanges avec les jordaniens essentiellement basés sur l'argent : sourire au touriste-acheteur potentiel, insultes à celui qui n'achète pas. Arnaques courantes. J'ai l'impression d'être un réservoir à fric, c'est pas très agréable. Bref, la Jordanie c'est beau, mais on n'y resterait pas toute sa vie, et mieux vaut faire abstraction des gens et de leurs mœurs.


Arrivée en Israël : tout d'un coup, on peut souffler, ça fait de plaisir de se faire accueillir par des policières jeunes et épanouies !




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Et en bonus : une photo comme vous n'en verrez pas 36!

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25 février 2008

Premier jour au Racah Institute of Physics

Première démarche : prendre les clés de ma chambre. J'ai déjà payé hier soir à la poste : quand j'étais venu la semaine dernière, on m'avait donné un document que j'ai été faire tamponner à la poste en échange des 1200 NIS (250 euros) du premier loyer. C'est un moyen de paiement particulier. On m'a attribué pour le moment une chambre pour couple -donc plus grande avec un lit double-, mais ce n'est pas sûr que je puisse y rester. Ça, c'est moins bien, car c'est plus dur de installer quand on ne sait pas combien de temps on reste.

Depuis la chambre, vue sur les collines de l'ouest de Jérusalem (5ième étage). Quand on entre, sorte de couloir avec à droite les toilettes et la salle de bain. De l'autre coté, kitchenette avec four et frigidaire, évier. Très grand plan de travail jusqu'au fond. Lit à droite quand on entre dans la chambre à proprement parler. Plutôt bien.

Première journée de stage essentiellement à me renseigner sur le domaine de recherche actuelle. Je vais sans doute être amené à utiliser les résultats du projet Horizon et en particulier de la simulation d'univers Mare Nostrum. Le projet Horizon est centré autour d'un super-ordinateur (10 240 processeurs) situé à Barcelone dans une ancienne chapelle.


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L'ordinateur Mare Nostrum

Le site du projet Horizon souligne l'ironie de cette installation : "According to the Bible, the universe was created in about a week. Astrophysicists are currently building a virtual universe that will be completed in about four months, using 2048 processors of the MareNostrum supercomputer. Hosted by the Barcelona Supercomputing Center, this 10,240-processor IBM machine is able to perform more than 94 trillion operations per second. This unique facility, the largest in Europe and ironically located inside an old chapel, is the perfect place to compute the formation and evolution of a virtual replica of our own universe."

Voila deux articles parus dans Pour la Science, ainsi qu'une video sur ces simulations. Vous pouvez avoir plus d'information sur le site du projet Horizon.

L'Univers dans un Ordinateur : article sur la simulation Mare Nostrum (Pour la Science, en .pdf)

Une nouvelle carte de l'Univers : un panneau d'explication sur le projet Horizon (Pour la Science, en .pdf)

Bien que j'ai désormais une chambre, je passe encore une nuit chez Emanuel. Comme ca, je pourrais déménager tout demain matin. J'attends un peu trop longtemps le bus qui va vers le centre ville pour pouvoir accompagner Emanuel à la Cinémathèque, ce qui me permet de voir tranquillement la deuxième partie de Lawrence d'Arabie. Grande musique, désert  à perte de vue, ....

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26 février 2008

Deuxième jour de stage

J'amène ce matin mes valises dans ma chambre avec l'aide d'Emanuel, après avoir régler des histoire d'argent liées à mon voyage en Jordanie. La compagnie de voyage jordanienne disait qu'il fallait que je paye 167$, ce que j'avais tout d'abors refusé, n'ayant pas eu d'explication. Le lendemain, c'est-à-dire le dernier jour du voyage, ce n'était plus que 70$. J'étais un peu embetté, c'est une situation stressante de se retrouver demander de l'argent alors qu'on ne sait pas pourquoi. J'ai quand même payé, non sans leur faire faire un reçu pour ensuite voir avec la compagnie israélienne. Bon, finalement ça c'est arrangé.

Je continue à lire des articles. Séminaire sur les astéroïdes proches de la Terre : l'une d'entre elle, Apophis, va frôller la Terre le 13 avril 2029 -retenez la date ! Elle passera alors à 35 000 km de nous, ce qui est très peu.

Problèmes de matériel informatique, il faut que j'obtienne une version windows de Matlab, ce qui ne court pas les rues ici.

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Vous pouvez aller voir quelques modifications que ma grand-mère souhaitait apporter aux histoire de famille précédemment racontées :

Histoires de famille

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28 février 2008

Fin de semaine

Bien qu'il ne soit que Jeudi, c'est déjà pour moi la fin de ma première semaine de stage. La vie du "laboratoire" (c'est plutot des bureaux) est relativement tranquille, les gens sont sympas, le campus est agréable, plein de verdure et de soleil. Mon  temps a surtout été occupé à m'installer, de manière générale, et particulierement en ce qui concerne le matériel informatique. Coup de téléphone ici pour configurer l'accès au réseau de l'université dans ma chambre, email là pour donner l'adresse physique de mon ordinateur à la responsable du département de physique. Lectures de quelques articles en début de semaine, et une fois mon compte ouvert sur les serveurs de l'institut de physique, trouver un moyen d'y accéder depuis mon portable : j'ai trouvé aujourd'hui un programme qui permet de le faire (Netdrive : ça fait comme si le serveur auquel je me connecte est une clé usb contenant beaucoup de choses). Si je veux pouvoir travailler depuis mon propre ordinateur, c'était nécessaire, car je travaille avec des "cubes" issus de la simulation Mare Nostrum qui sont extrêmement volumineux. Pour lire ces cubes, je vais utiliser Matlab, que je viens d'installer, après bien des coups de fil, des emails, pour obtenir une licence. La licence me permet d'utiliser Matlab uniquement sur les ordinateurs branché au réseau de l'Université Hebraïque.

Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est Matlab et pour lesquels je parle chinois, je peux tenter d'en expliquer un peu plus. Il s'agit d'un programme permettant de faire différents types de calculs mathématiques (si vous demandez >>1+1, il vous répondra ans = 2, "ans" signifiant answer), mais aussi de faire de la programmation (vous pouvez écrire un programme qui vous renvoie des phrases aléatoires formées à partir d'éléments syntaxiques prédéfinis, comme un cadavre exquis : ça rappelle surement quelque chose à certains de mes lecteurs...), ainsi que de tracer des graphiques. Le programme repose sur l'usage de matrices (d'où le nom MATLAB, pour Matrix Laboratory), qui sont comme  des tableaux où sont stockées des informations - sauf qu'on peut utiliser des opérations mathématiques bien utiles pour réarranger ces informations).

Pour le moment, je ne fais rien de révolutionnaire, me contentant de me familiariser avec ce programme. Un cube de la simulation Mare Nostrum est grossièrement une grille de 256x256x256 cases (on pourrait choisir des cubes d'autres dimensions), où dans chaque case est indiqué la valeur de telle ou telle grandeur physique. Les cubes sont obtenus à chaque itération de la simulation. La simulation procède par intervalles de temps réguliers dt : à partir des différentes grandeurs au temps t, les lois de la physique donnent une évolution et la valeur de ces grandeurs au temps t+dt (il s'agit d'une évolution possible : les lois ne sont pas entièrement déterministes, avec notamment l'apparition de phénomènes chaotiques - une même condition initiale peut aboutir à plusieurs états après évolution ; la simulation est obligé de prendre une des directions possibles, mais celle-ci n'est pas unique). On a à chaque itération un cube contenant les valeurs de la pression, un autre celles de la densité et trois autres pour les trois directions de la vitesse. Ce qui complique un peu les choses, c'est que lorsqu'on fait ce genre de simulation, le maillage (la grille selon laquelle on caractérise l'espace) évolue à chaque itération, car il est nécessaire d'avoir plus de précision à tel ou tel endroit (où la densité augmente) et moins de précision là où la densité faiblit. Cela implique que les échelles de conversion pour parvenir aux valeurs "réelles" (en unités du système international par exemple) à partir des cubes changent à chaque itération. A cela s'ajoute en plus le fait que les astrophysiciens ne travaillent pas en unités internationales (il utilisent comme unités de base le cm, le gramme g et la   seconde : unités cgs, au lieu d'utiliser les unités internationales, celles de la Révolution Française, le m, le kg et la seconde) : ça fait des facteurs de conversion en plus. A partir des cubes rendant compte de la pression, de la densité et de la vitesse, on peut par exemple créer un cube rendant compte de la température - en supposant que le milieu interstellaire est analogue à un gaz parfait, ce qui est raisonnable.

Que faire à partir de ces cubes ? Un cube en 3D, c'est pas très facile à visualiser : on peu donc regarder le cube depuis une certaine face, et l'on voit alors par transparence se superposer les différentes valeurs de telle ou telle grandeur. Cela revient à moyenner suivant une certaine direction, ce qui nous permet de nous ramener à deux dimensions et de tracer un joli graphique, comme celui-ci :

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Là j'ai tracé la température en la moyennant sur une certaine direction. Là où c'est rouge, c'est chaud, là où c'est froid, c'est beaucoup plus froid (échelle logarithmique). On voit bien le fait que les amas de galaxies s'organisent en filaments (le cube doit faire quelques millions d'années lumières de coté, ça fait beaucoup) et le fait que l'on observe des points bleus dans le rouge est parfaitement normal : la température diminue au centre des galaxies, où les gaz se condensent pour former étoiles et planètes.

Autrement, je commence à me rendre compte que six mois, ça va quand même être long, tout seul : aussi, n'hésitez pas à venir me rendre visite !

Si vous ne connaissez pas le réalisateur chinois ZHANG YIMOU, je vous conseille de vous laisser tenter par ses films, ses paysages grandioses aux couleurs éclatantes, ses combats travaillés comme des chorégraphies et ses histoires d'amour impossible...

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(Bande-annonce en cliquant sur l'image)

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29 février 2008

Quelques vues de l'Université Hébraïque

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Ma chambre : oui, c'est le bazar. Je n'ai pas encore pris le temps de tout ranger

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Il y a beaucoup de chats...

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Racah Institute of Physics

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La bibliothèque

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